Souffrances au travail

De quoi parle t-on ?

Les Risques Psychosociaux

Les Risques Psychosociaux (RPS) sont définis* comme un risque pour la santé physique et mentale des travailleurs. Ils sont à l’interface de l’individu et de la situation de travail. Leurs origines peuvent être internes ou externes à l’organisation. Elles peuvent provenir à la fois des conditions d’emploi, de l’organisation du travail et des relations de travail. Ils peuvent concerner toutes les entreprises quel que soit leur taille ou leur secteur d’activité.

Quels sont les principaux facteurs de Risques Psychosociaux ?

Dans une étude de la Dares de novembre 2016* interrogeant des actifs occupés, ceux-ci déclaraient :
  • 64% : manquer d’autonomie dans leur travail
  • 64% : être soumis à un travail intense ou subir des pressions temporelles
  • 47% : devoir toujours ou souvent se dépêcher dans leur travail
  • 31% : devoir cacher ou maîtriser leurs émotions

Quels sont les principaux impacts des Risques Psychosociaux ?

  • Un impact sur la santé des individus

Les RPS ont des effets directs sur la santé des travailleurs. Les RPS peuvent, notamment, se traduire par l’expression d’un mal-être ou d’une souffrance au travail, des conduites addictives, des troubles musculosquelettiques, des maladies cardio-vasculaires, des malaises etc…

  • Un impact sur l’entreprise

Un lien peut être établi entre l’intensité, la durée d’exposition aux facteurs de risque et l’absentéisme, des arrêts maladie à répétition, un turn over élevé, des accidents du travail, une fiabilité diminuée, une dégradation du climat social qui pourront avoir des conséquences sur l’image de l’entreprise en interne comme en externe.

Quel rôle pour l'employeur ?

Le code du travail :
En tant qu’employeur, il faut prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés comme l’expliquent les articles L4121-1 à 5 du code du travail. Ces dispositions comprennent :

  • Des actions de prévention des risques professionnels
  • Des actions d’information et de formation
  • La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés

L’employeur a également une obligation de prévention des agissements de harcèlement moral et/ou sexuel, des comportements considérés comme une forme de violence pour les travailleurs les subissant et faisant partie des risques psychosociaux.

Comment l’entreprise peut-elle intervenir face à la souffrance au travail de ses salariés ? Et jusqu’où une entreprise doit-elle, et peut-elle accompagner un salarié en situation difficile ?

Performance, efficience et qualité de vie au travail à préserver

les situations de souffrance au travail ont des conséquences sur la performance de l’entreprise, notamment sur l’engagement et la productivité des salariés concernés mais également sur l’organisation du travail, le climat social, et plus généralement la qualité de vie au travail.

Selon une étude du comptoir Malakoff Médéric** un salarié jugeant sa qualité de vie au travail mauvaise a 27% de plus de risque d’être en arrêt maladie dans l’année.

Les Risques Psychosociaux : 3 niveaux de prévention sont identifiés

PREVENTION
PRIMAIRE

Anticiper, réduire les facteurs potentiels de risque

Promouvoir un environnement professionnel favorable et capable de procurer un certain soutien

Améliorer l’organisation du travail : effet positif sur la santé et la performance de l’entreprise sur le long terme

PREVENTION
SECONDAIRE

Garantir un repérage précoce des sources de stress

Gérer les symptômes pour diminuer les conséquences

Identifier les problèmes récurrents

Renforcer les ressources individuelles pour mieux faire face à l’activité

PREVENTION
TERTIAIRE

Prendre en charge les salariés fragilisés

Analyser et réparer les dysfonctionnements pour éviter leur reproduction

Travailler sur les situations problématiques

Apporter un appui aux personnes pour favoriser le retour au travail

Les enjeux pour l’entreprise ?

Mettre en place des actions correspondant aux attentes et aux besoins des salariés

Transformer une crise en opportunité.

Favoriser le bien-être, le vivre ensemble : Un collaborateur épanoui dans son travail sera plus engagé, plus productif, plus créatif, moins absent.

*   source : Travail-emploi.gouv.fr/sante-au-travail/
** source : intégralité de l’étude sur lecomptoirmm.com

  • Sens2vieS est là pour vous accompagner

Le Burn out

Olivier est depuis 10 ans dans son entreprise. C’est un professionnel engagé, enthousiaste et très impliqué. Il accepte les projets qui se multiplient. Moins de temps pour le sport, ses nuits se raccourcissent. Les week-ends avec les copains sont annulés pour finir ses dossiers. Il est stressé, irrité même. Il commence à avoir mal au dos, mais n’a pas le temps d’aller chez l’ostéopathe. Il saute des repas pour gagner du temps. Il voit de moins en moins de monde. De toute façon il n’a plus la patience d’écouter ni ses amis et ni ses collègues, encore moins sa femme qui se plaint de ne pas le voir…

Selon une étude réalisée par Securex en 2017, le risque de Burn Out est passé en 3 ans de 10% à 17% des travailleurs actifs soit 4,9 millions de personnes potentiellement concernées par un épuisement professionnel ou une dépression directement en lien avec le travail.

Le Burn Out, aussi appelé, épuisement professionnel, est un processus lent et progressif, 
d’où la difficulté d’en prendre conscience.

Les signes

  • Manifestations émotionnelles :
    Le sujet ressent une forte tension. Il vit un stress continu qui déborde du travail sur le reste de la vie. Il devient irritable et peut être agressif au travail et/ou en dehors. Une tristesse, voire de l’anxiété, et du désespoir s’installent. La personne se culpabilise de ne pas y arriver.
  •  Manifestations intellectuelles :
    La personne peine à se concentrer, à s’organiser. Elle peut commettre des erreurs de jugement. Son efficacité diminue, ses prises de décision en sont altérées.
  • Manifestations corporelles :
    Des maux de dos, maux de tête, des douleurs musculaires apparaissent petit à petit. La personne souffre de troubles du sommeil malgré une grosse fatigue. Elle n’écoute plus ses propres besoins, son hygiène de vie se dégrade : elle saute des repas. S’y ajoutent fréquemment des conduites addictives.
  • Manifestations comportementales :
    A la fois une course au temps et un désinvestissement dans le travail. Il se crée un décalage impressionnant entre l’enthousiasme du départ et l’abattement à l’arrivée. Affaissement de l’idéal aboutissant à la désillusion, résignation.
  • Manifestations relationnelles :
    La personne s’isole socialement, elle n’écoute plus personne, elle devient cynique, s’oublie.
  • Sens2vieS est là pour vous permettre d’y réfléchir

Le Bore Out : La Placardisation

Hervé est responsable du service de l’urbanisme dans une commune. A la suite d’un désaccord avec sa hiérarchie, il est affecté aux services extérieurs, la voirie, sans aucune explication. Il reste plusieurs jours sans travail, pas de bureau, pas de matériel informatique. Ses collègues le laissent à l’écart. Il ne comprend pas ce qui lui arrive. Quand il en parle à ses amis, ils lui répondent « De quoi te plains-tu ? Être payé à ne rien faire ; moi ça me plairait ! » Hervé se renferme, il se sent si incompris !

C’est un phénomène présent au cœur des entreprises et des administrations, à des fonctions très diverses et dans différents secteurs d’activité. Il n’existe pas, à ce jour, de chiffre officiel pour comptabiliser ces « mises au placard » pourtant source de mal-être profond.

Des personnes au travail mais sans travail

Le Bore Out est le fait de ne pas avoir assez de tâches à accomplir, en regard du temps passé au travail. Plus rarement abordée que le Burn Out, cette situation engendre également de la souffrance et peut conduire aux mêmes symptômes : anxiété, fatigue, baisse de l’estime de soi, développement d’addictions… A cela s’ajoute la honte.

Phase 1 : Illusion : on pense que la situation ne va pas durer,
Phase 2 : Questionnement intérieur : est-ce de ma faute ?
Phase 3 : Période de combativité : recherche de conseils, d’appuis, de réseaux, chasse aux postes vacants
Phase 4 : Usure : repli sur soi pour diminuer les occasions de rejet; fabrication d’une carapace
Phase 5 : Somatisation : anesthésie des sensations et émotions, conduites addictives (alcool, nourriture, drogues, écrans, jeux…)

La rupture vécue sur la scène professionnelle contamine les relations conjugales, familiales, amicales. Déstabilisée par ce qu’elle est en train de vivre, la personne n’est pas disponible pour s’intéresser aux autres, elle devient, susceptible, irascible, cynique…Elle va au-devant des conflits ou, au contraire, s’isole.

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